TC Boyle

Arte
La rock star de la littérature américaine
24/02/19 ~ 06:00 - 06:50

Patriote et querelleur, tour à tour hippie, punk et junkie, aujourd'hui engagé dans la défense de l'environnement, TC Boyle est une icône de la littérature américaine. Né en 1948 dans l'Etat de New York, dans un foyer de la classe moyenne rongé par l'alcool, le jeune homme trouve son salut dans la découverte de la littérature. Au cours de sa prolifique carrière de romancier, il s'attaque à tous les excès et les travers de la société américaine. Prix Médicis en 1997 pour «America», l'auteur a sorti en 2018 son quatorzième roman, «Les Vrais Durs» (Grasset). Ce documentaire suit le quotidien de cet écrivain de 70 ans qui aime aller à la rencontre de ses lecteurs et débattre de politique. Critique : « Bad boy » de la littérature américaine, Thomas Coraghessan Boyle a vécu une jeunesse turbulente et porte les marques de son passé de toxicomane, visage de rocker émacié et silhouette de chat de gouttière. Il n’a pas ouvert un livre avant d’être majeur, mais ça ne l’a pas empêché de se jeter dans l’écriture à corps perdu. Et de devenir à l’énergie une figure majeure du roman américain, commentateur sombre et ironique d’une société dont il suit le déclin en direct. A 70 ans, il est presque temps de faire le bilan. Dans sa retraite californienne, où il s’apaise dans le voisinage poétique et sensoriel d’une nature sauvage, il prend le temps de s’ouvrir à deux documentaristes allemands. Pour eux, il revient sur une œuvre qui n’a jamais perdu de son actualité, qu’elle mette en scène les rudes tribulations d’immigrés mexicains (América, prix Médicis en 1997) ou qu’elle prophétise la catastrophe écologique imminente (Un ami de la terre, en 2000). Sans trop en faire, l’écrivain invite la caméra en coulisses, ouvre les portes de son bureau et se laisse escorter dans les séances de lecture où il sait rendre sa prose électrique. T.C. Boyle joue le jeu de la confession, mais ses interlocuteurs semblent absents. Ils ne le poussent guère dans ses retranchements et n’approfondissent pas les questions qui le mériteraient, sur les influences (il fut l’élève de John Irving), le style ou la politique. Ils se contentent d’un survol vaguement chronologique qui donne le sentiment d’avoir passé une heure pas désagréable chez un étranger de qualité. Qui, une fois la porte refermée, demeure un étranger.
 
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