Tamara Drewe

Arte
28/06/18 ~ 13:35 - 15:35

Une Londonienne sexy retourne dans son village natal. En grande forme satirique, Stephen Frears transforme sa comédie de mœurs en théâtre des vanités. Vachard et jouissif. Critique : | Genre : Belle des champs. Des paysages idylliques, un soleil radieux : pour un peu, la campagne du Dorset amoureusement cadrée par Stephen Frears aurait des allures de Toscane. Mais avec un réalisateur aussi filou, il ne faut jamais se fier aux apparences : les prés au charme bucolique vont accueillir un vaudeville féroce. Tamara Drewe est l’adaptation d’une BD de Posy Simmonds, elle-même inspirée par un classique de la littérature anglaise, Loin de la foule déchaînée. Signe des temps, l’héroïne idéaliste de Thomas Hardy s’est transformée en chroniqueuse de presse. Avec son mini­short et son nez refait, Tamara met le feu à son village. Un jardinier, un batteur de rock, un romancier volage : tous les hommes succombent… et en prennent pour leur grade. En grande forme, Frears épingle autant les ruraux intolérants que les précieux ridicules venus de la ville. Ce théâtre des vanités est commenté, façon chœur antique, par deux adolescentes au langage cru. Spectatrices dans le premier acte, Jody et Casey vont devenir des deus ex machina dépassés par leurs initiatives : une trouvaille de scénario qui relance le film au moment où le jeu de massacre menaçait de tourner en rond. Et la comédie de mœurs se diversifie tous azimuts : des poursuites dignes d’un cartoon de Tex Avery, un soupçon de mélo, et même un pastiche de western…