Suite armoricaine

LCP
13/09/20 ~ 09:30 - 12:00

Françoise a quitté Paris pour enseigner l'histoire de l'art à la fac de Rennes, où elle fut étudiante. A-t-elle rendez-vous avec son passé ? Autour d’un campus où se tissent les destins, cette fiction sensible sait être à la fois intimiste et ample, très habitée. - Critique : Elle a quitté Paris et elle jubile. Le bonheur de Françoise, qui s’installe à Rennes pour y enseigner l’histoire de l’art à la fac, est bien vite le nôtre : voilà un film français qui se décentralise, poussé par une curiosité nouvelle. Le campus de l’université, les amphithéâtres, ces décors deviennent, sous l’œil de la réalisatrice Pascale Breton, le tremplin d’une fiction aussi bien intimiste que d’une ampleur inaccoutumée… À Rennes, c’est avec ses souvenirs que Françoise a rendez-vous : sa jeunesse sur les bancs de la même fac, son enfance bretonne, tout un passé prêt à ressurgir, ou peut-être à jamais insaisissable… Le passé, l’étudiant Ion voudrait le fuir. Mais sa mère, qu’il a déclarée ­décédée, vient squatter sa chambre à la cité universitaire. Cette femme instable, zonarde infernale et pourtant aimante, était une amie de ­Françoise pendant leurs études, au temps des fêtes et des concerts de rock. En faisant se croiser et se recroiser ces personnages dans les mêmes lieux, filmés selon leurs différents points de vue, le scénario crée des résonances, des échos. La cinéaste accueille la fragilité des personnages, qui tous ont perdu leurs repères sans les avoir encore retrouvés, pour mieux les entraîner vers un territoire à défricher, à déchiffrer, dont ils prennent peu à peu la belle mesure : leur vie. En créant un univers plein de confluences, Pascale Breton trouve sa voie et entraîne dans son sillage des comédiens magnifiques, Elina Löwensohn, Kaou Langoët, et surtout Valérie Dréville dans le rôle de Françoise, femme de tête qui trouvera où son cœur bat…