Soy Nero

Arte
12/11/18 ~ 23:30 - 01:20

Le Mexicain Nero a grandi à Los Angeles, en a été expulsé et veut y revenir. Apparences trompeuses, repères bousculés : un magnifique film humaniste. Critique : Nero fait tout pour passer la frontière et ne pas être renvoyé au Mexique… Cette histoire de migrant est racontée avec une intensité magnifique — le premier à manifester une envie de liberté est le réalisateur du film lui-même. Prenant ses distances avec le réalisme et le pamphlet politique, le Franco-­Iranien Rafi Pitts bouscule nos repères. Il met en scène son personnage dans de grands espaces qui dessinent un monde ouvert, sans limites. Où la place de ce jeune homme au regard doux et triste n’est jamais assurée, ­jamais la bonne… Entre le possible et l’impossible, un climat de flottement et de tension s’installe. Nero lui-même incarne un entre-deux : parce qu’il a grandi à Los Angeles, avant d’être expulsé, il s’y sent chez lui. Seulement voilà, il ne peut y revenir qu’en clandestin. Un Américain qui le prend en stop brandit une arme et tient un discours violent sur la protection du territoire. C’est cet homme, pourtant, qui, sagement, tente de convaincre le jeune Mexicain de renoncer à son projet : devenir citoyen américain en s’engageant dans l’US Army… A ce sujet polémique, Rafi Pitts donne la résonance d’un film humaniste qui questionne la valeur d’une identité devenue incertaine. Nero n’est-il né mexicain que pour être exclu ? Américain que pour mourir sous un drapeau ? Dans un désert du Moyen-Orient en guerre, le cinéaste confronte brillamment une immen­sité abstraite et la logique absurde d’une identification, d’un étiquetage sans fin de l’individu. Impressionnant.
 
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