Sirius

Arte
Sirius
20/11/18 ~ 02:35 - 03:40

En Suisse, les membres d'une secte, l'Ordre de Sirius, sont préparés par leur gourou, Alfonso di Firenze à un prochain «grand voyage». Parmi les adeptes, Hugo, un jeune homme moins docile, aimerait retrouver ses parents, eux aussi membres de l'Ordre mais installés dans le bas de la vallée... Critique : Ce deuxième volet (lire ci-contre), revient sur le suicide collectif d’une cinquantaine de membres de l’Ordre du Temple solaire, en octobre 1994. Si le téléfilm n’évite pas les clichés — la scène du repas orgiaque —, il a le mérite d’en démonter quelques-uns. La secte ne se réduit pas, ici, à un groupe d’ouailles lobotomisées dirigées par des psychopathes au discours délirant. Les disciples y sont avant tout des personnes vulnérables, fragiles psychologiquement, et les meneurs y tiennent aussi des propos sensés, comme en témoigne la discussion inaugurale sur la physique quantique. Frédéric Mermoud (Moka) décrit la relation ambiguë entre un jeune garçon en plein doute et sa « mère » spirituelle. Il dépeint une communauté isolée, en apparence paisible — elle cultive ses propres légumes —, qui vit en autarcie dans un cadre idyllique (les Alpes suisses). Ayant rompu tout contact avec l’extérieur, les adeptes semblent évoluer dans un monde parallèle. Les travellings flottants, les paysages verdoyants, l’onctuosité du gourou (Carlo Brandt, glaçant) donnent l’impression d’assister à un cauchemar cotonneux. D’abord insidieux, le mal éclate lors de la pétrifiante séquence finale, où les « suicides » s’apparentent davantage à des meurtres. Brutal retour à la réalité : le silence de mort, transpercé par les sirènes de la police.
 
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