Simone Veil, albums de famille

France 3
09/07/18 ~ 02:55 - 04:45

Simone Veil, disparue le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans, entre au Panthéon le 1er juillet 2018 à Paris. Symbole de résilience et de liberté, la jeune Simone Jacob, déportée à Auschwitz Birkenau en 1944, parvient à dépasser les traumatismes de la déportation, avant d'ouvrir la voie aux femmes en faisant légaliser l'avortement en 1975, marquant de son empreinte l'histoire de la France. C'est l'histoire d'un destin personnel et politique hors normes, raconté grâce à des archives familiales et nourri d'entretiens avec ses deux fils et plusieurs de ses petits-enfants. Critique : Comment raconter Simone Veil, à la fois survivante d’Auschwitz et mémoire de la Shoah, militante des droits des femmes dans les prisons, auteure de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse en France, artisane de la réconciliation franco-allemande, ministre, présidente du Parlement européen, et on en passe. Par où commencer ? Par le début, propose le réalisateur Hugues Nancy, qui ouvre fort classiquement son récit sur l’enfance de Simone Jacob, dernière d’une famille de la petite bourgeoisie cultivée de Nice, autrement plus attachée à l’idéal républicain qu’à ses origines juives. Il fait bien. Remontant pas à pas le fil de son existence, sans brûler les étapes, il donne à saisir les ressorts psychologiques qui ont conduit Simone Jacob à devenir Simone Veil. Point de paroles de proches collaborateurs, encore moins de questionnements sur l’une ou l’autre de ses prises de position (ce n’est pas un bilan politique), Hugues Nancy s’en tient aux seuls témoignages des siens, et en particulier de deux de ses fils, Jean et Pierre-François Veil. Ce prisme intime fournit nombre de clés pour comprendre cette trajectoire hors du commun, certes brisée par le processus d’extermination des Juifs, mais affectée par bien d’autres expériences, heureuses ou malheureuses. A commencer par l’influence d’une mère adorée, qui enseignait à ses filles l’importance pour les femmes de gagner leur indépendance. Un portrait d’autant plus émouvant qu’il puise abondamment dans les albums photographiques personnels de Simone Veil.