Sign o' the Time

Arte
21/07/18 ~ 00:05 - 01:25

En 1987, au faîte de sa gloire et fraîchement divorcé de son groupe The Revolution, la superstar Prince donne trois concerts légendaires dans la salle de spectacle Ahoy de Rotterdam, achevant en triomphe sa tournée européenne «Sign o' the Times». Autour du flamboyant double album sorti la même année, il compose un spectacle époustouflant, tout en costumes délirants et en danses suggestives, le tout entouré d'une nouvelle formation, le «Lovesexy Band». Critique : En 1987, Prince est au sommet de son art. Double album en fusion, gorgé de rock brûlant, de pop lascive et de funk gourmand mâtiné de synthés sucrés, Sign o’ the times est son dernier chef-d’oeuvre. Un tour de force que le Nain pourpre déclina avec faste lors de concerts européens légendaires, filmés pour une sortie cinéma. En pleine ébullition créative, le Kid de Minneapolis a vu les choses en grand. Les chorégraphies, décors, dialogues — même les saynètes incrustées — évoquent les comédies musicales de Broadway. Rien ne pouvait résister à ses caprices. Le son du concert de Rotterdam est trop mauvais ? Qu’importe, Prince réenregistre les trois quarts du show dans son antre de Paisley Park. Le résultat est un témoignage inestimable du génie de l’auteur de Purple Rain. Un spectacle total dans lequel le Zébulon luxurieux dévore la scène, fait montre de ses ­talents de danseur (proches du frère ennemi Michael Jackson) et de sa virtuosité hendrixienne à la guitare. Son groove chirurgical est digne de James Brown. En grand mégalo, Prince assure le show mais fait aussi briller ses troupes. Tous se subliment autour de lui (voir le solo de batterie de Sheila E.). Le montage syncopé épouse le rythme survolté de l’ensemble, avec en point d’orgue le délirant Housequake et l’euphorisant It’s gonna be a beautiful night et ses mouvements de danse démentiels. Une expérience de transe extatique où se mêlent le sacré et le profane, la dévotion religieuse (The Cross) et la lubricité poisseuse (If I was your girlfriend). Monumental.