Shell Shock, a Requiem of War

Arte
10/11/18 ~ 23:25 - 01:05

Créé à la Monnaie de Bruxelles en 2014, et monté à la Philharmonie pour deux représentations à l'occasion du centenaire de l'armistice, «Shell Shock, a Requiem of War» pose, en douze cantiques, un regard sur les effets secondaires des guerres modernes. Le livret, écrit par le poète musicien Nick Cave, décrit, sans dialogues, l'enfermement, la surdité, la folie, la prégnance de la mort qui habitent ces revenants anonymes, leurs soignants et leurs proches. Sur ce requiem composé par Nicholas Lens et interprété par l'Orchestre philharmonique de Radio France, où s'entremêlent plaintes et dissonances, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui met en scène la danse de corps hantés par la souffrance. Critique : C’est la rencontre improbable entre un poète rock, un compositeur contemporain et un chorégraphe engagé. Pour commémorer le centenaire de l’armistice, Nick Cave met en mots l’horreur de la Grande Guerre, tandis que Sidi Larbi Cherkaoui la met en scène, sur une partition de Nicholas Lens. Cette création hybride, à la croisée de l’opéra, de la cantate et du ballet, a vu le jour à la Monnaie de Bruxelles en 2014. Shell Shock (« choc de l’obus ») fait référence au syndrome de stress post-traumatique qui affectait les survivants de l’enfer des tranchées. En douze chants vibrants, pour cinq solistes et autant de tableaux d’apocalypse, le trio célèbre tous ces martyrs anonymes : gueules cassées, handicapés moteurs ou mentaux… Des croix, des sacs de sable, des linceuls, des civières ensevelissent la scène, et les danseurs — de soldats enragés en cadavres enchevêtrés — donnent corps et vie à la tragédie. Un requiem hors norme. Eblouissant.
 
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