Sans toit ni loi

Arte
01/04/19 ~ 13:35 - 15:35

Le dernier itinéraire de Mona la routarde… Bouleversant documentaire sur le mal du XXe siècle. Avec une Sandrine Bonnaire à fleur de peau. Critique : Un ouvrier découvre le cadavre violacé d’une vagabonde au fond d’un fossé. La police conclut à une mort naturelle, due au froid. Images claires du souvenir, qui retracent les derniers jours de cette inconnue : Mona erre sur les routes, crasseuse et rageuse. Elle croit pouvoir vivre sans toit ni loi, mais elle se trompe. Son toit, c’est celui des autres. Sa loi, c’est de refuser tout point d’ancrage. Un éleveur de chèvres trouve la formule : « Elle fait le jeu d’un système qu’elle refuse. C’est pas l’errance, c’est l’erreur. » Ce périple au bout de l’indépendance est filmé comme un voyage en stop, avec ses escales de soulagement ou d’attente, ses accélérations, et toujours la même obsession : avancer pour vivre. Panneaux de signalisation tordus, décapités ou tagués, pneus de voiture empalés sur le grillage… Les images sont parsemées d’indices révélant combien la route est chaotique et dangereuse. Absorbée dans un fossé-caveau, Mona rend l’âme en prenant racine. Sandrine Bonnaire avait 18 ans lorsqu’elle accepta ce difficile rôle de rebelle prise à son propre piège. Dépourvue de coquetterie physique et intellectuelle, elle s’attache à rendre son personnage immortel, transformant l’aplomb rieur d’A nos amours en sang-froid implacable. Le film obtint le Lion d’or au festival de Venise de 1985 et fut le plus grand succès commercial d’Agnès Varda.