Rusty James

Arte
27/12/18 ~ 23:10 - 00:40

Film devenu mythique. Trouvailles visuelles constantes, musique de Stewart Copeland, gueule d’ange de Matt Dillon, et surtout la révélation : Mickey Rourke, présence torride et énigmatique. Critique : Drôle de cadeau de Coppola à Matt Dillon pour ses 18 ans. Un an après The Outsiders, Coppola enfonce le clou. Et, cette fois, c’est vraiment la fête au jeune Matt. La première scène : une fin de classe Actors Studio sous l’œil matois de Tom Waits en barman. Tout le cadre en noir et blanc léché clignote « cinéma ». Matt a son programme : rouler des mécaniques en ayant l’air d’un ange hébété, entre la vie et la mort, l’irréel et le surréel. C’est un mutant, bébé Brando avec bandana Rambo, néo-James Dean en maillot de corps sans manches à la Springsteen pour biscoteaux d’éphèbe. Il enquille sans forcer les épreuves : en amont, fureur de vivre sur les quais d’un métro fantôme ; en aval, clip de Michael Jackson (Beat it), pub pour produits laitiers sur musique de Chris Isaak. C’est fluide, plein de coups et blessures. A la place du juke-box d’American Graffiti, un joli concassage sonore signé Stewart Copeland, le batteur de Police. A la fin ne reste pour adversaire à Matt que son frère, Mickey Rourke, joli démon aux yeux mi-clos, qui ne parle pas mais susurre, chuchote, feule. Coppola voulait-il venger l’injuste échec de Coup de cœur, son vrai feu d’artifice énamouré (de Nastassja Kinski) ? Matt Dillon, lui, se vengera plus tard.