Roman d'une adoption

France 2
12/06/18 ~ 23:15 - 00:45

Céline et Cédric s'aiment depuis vingt ans. Leurs difficultés à devenir parents les ont conduits sur le long chemin des FIV, avant d'opter sur l'adoption. Leur parcours est fait de doutes, d'épreuves et de surprises. Philippe et François forment l'un des premiers couples homosexuels en France à tenter d'adopter depuis le vote de la loi Taubira. Un couple désire un enfant, quoi de plus banal ? Mais lorsque ce couple est composé de deux personnes du même sexe, le défi est immense. Durant quatre années, Anne Gintzburger a suivi ces deux couples sur le chemin de leur enfant. Elle offre une plongée intime dans leur combat pour devenir parents. Critique : « Comme il est long et éprouvant, ce chemin qui mène à toi, mon enfant. » Ainsi s’ouvre ce Roman d’une adoption : à la manière d’une adresse au grand absent, cet être fantasmé, chéri avant même que soient connus les traits de son visage, son nom, son histoire, le pays où il est né (est-il seulement déjà né ?). Elle est formulée par Philippe, quadra tout entier tourné vers ce jour où — à cet instant il n’en doute pas — l’enfant viendra. Anne Gintzburger ne s’emploie point à dresser un état des lieux de l’adoption, elle concentre son attention sur deux couples, Céline et Cédric, Philippe et François, quatre voix parmi la multitude des parents en attente d’adoption. Comment vivent-ils cet interminable parcours du combattant ? Et surtout, quelle est la nature du lien qui les unit à cet enfant, pas (encore) le leur ? La réalisatrice les filme quatre ans durant, un temps long qui lui permet de saisir en profondeur le cheminement des questionnements et des états d’âme — et qui leste le documentaire de quelques longueurs. La caméra capte le soulagement d’avoir obtenu l’agrément des services sociaux (« on a l’impression d’avoir passé un examen »), les doutes et les craintes, l’attente infinie, des mois, des années, qui finit par fragiliser les couples. Elle filme la chambre déjà prête et le landau désespérément vide. Arrive le coup de fil tant attendu, puis tout s’accélère. Du moins pour Céline et Cédric. Car pour Philippe et François, le téléphone demeure silencieux. Parce qu’ils forment un couple homosexuel ? L’idée germe que, peut-être, aucun enfant ne leur sera jamais confié.