Ramses II

C8
02/03/19 ~ 21:10 - 22:55

Jean et Elisabeth s'apprêtent à recevoir à dîner leur fille Bénédicte et son mari dans leur maison de campagne. Mais Matthieu, le gendre, arrive seul. Matthieu est incapable d'en expliquer la raison. Il va même jusqu'à avouer à ses beaux-parents qu'il a assassiné leur fille Bénédicte. Jusqu'au moment où celle-ci arrive à son tour. Pourquoi Matthieu torture-t-il ses beaux-parents ? A-t-il des comptes à régler avec eux ? Et si c'était les parents qui perdaient la raison ?... Critique : Comment faire d’un paisible déjeuner de famille un cauchemar ingérable ? Victimes éberluées d’un gendre perturbé, Jean et Elisabeth, retraités coulant des jours heureux dans leur maison de campagne, affrontent le comportement curieux, pour ne pas dire douteux, de Matthieu (génial Eric Elmosnino). Arrivé seul, sans femme ni enfants, leur invité se comporte étrangement. Entre deux séjours aux toilettes pour soulager ses intestins, il truffe la conversation d’inquiétantes allusions. C’est ainsi qu’il suggère, sans être troublé, que son épouse est morte, tuée par lui à coups de pelle au fond d’une forêt ! Larmes hystériques de la mère (formidable Evelyne Buyle) et colère noire du père (inénarrable François Berléand cloué sur un fauteuil roulant, son personnage ayant été victime d’un accident de la route). La mayonnaise monte, prend, puis retombe tout net lorsque paraît, en chair et os, la prétendue victime. Cette scène se répétera trois fois, avec de savantes et perverses variations, au cours d’un spectacle efficacement tendu entre suspense et absurde. L’auteur de cette farce macabre, Sébastien Thiéry, équipe les comédiens de dialogues percutants, même si la fin de sa pièce, tirée par les cheveux, aurait mérité un zest de nuances pour plus de crédibilité. Mention très bien à Eric Elmosnino, qui fait mouche dans son rôle d’idiot diabolique que l’on finit par détester plus que son beau-père lui-même ne le hait (ce qui n’est pas peu dire).