Ramdam

Arte
25/06/20 ~ 12:35 - 14:05

Amine, professeur à l'université de Bordeaux, est en froid avec son père. Quand il apprend que celui-ci, président du club de rugby de Saint-Marsain, veut transformer la mosquée du village en discothèque pour les fins de matches, son sang ne fait qu'un tour. Père et fils vont violemment s'affrontrer... - Critique : Amine, un éminent professeur d’université, n’a pas l’air très heureux d’aller rendre visite à son père, Rachid, président du club de rugby du village de son enfance. Les deux hommes n’ont pas le même rapport à leurs origines : Amine, que son père appelle François, se revendique (mollement) musulman, tandis que Rachid a racheté le bâtiment qui abrite la mosquée locale pour y fonder un « club house ». Lorsque Amine l’apprend, son sang ne fait qu’un tour : avant même d’avoir pu dire ouf, voilà ce dernier propulsé imam et défenseur des droits « des blédards en djellaba » honnis par son paternel. Une querelle de clocher, pardon, de mosquée, comme toile de fond à une rivalité familiale : toute la promesse de Ramdam est là, dans ce « twist » appliqué à une trame comique éprouvée. Malgré une direction d’acteurs parfois flottante, et un personnage principal à l’intelligence émotionnelle proche de zéro (ses maladresses font, presque à elles seules, progresser l’action), on s’attache à ces personnages pittoresques traités, chose rare, sur un mode burlesque. La frilosité de la fiction française sur la question communautaire — en fait, ici, une simple question de citoyenneté et de laïcité — n’étant plus à prouver, l’idée ne manque pas de fraîcheur. Et sa réalisation se révèle d’une tendresse contagieuse.