Prise d'otages à Nantes

France 3
02:40 - 03:35

Le 19 décembre 1985, le palais de justice de Nantes est le théâtre d'une prise d'otages. Trois hommes tiennent le jury et le public de la Cour d'Assise en otages. Cette affaire va tenir toute la France en haleine, notamment en raison de la personnalité du principal truand, mais aussi parce qu'une caméra de France 3 filme la scène de l'intérieur. Pendant 34 heures, deux hommes vont s'affronter : d'un côté, Georges Courtois, charismatique, auto-revendiqué «voleur professionnel», poète à ses heures et licencié de droit, avec deux complices à ses côtés. De l'autre, le fameux commissaire Broussard, célèbre policier des années 80, qui vient de créer le RAID et compte bien montrer qu'il est aussi opérationnel qu'efficace. Critique : 19 décembre 1985. Coup de théâtre au tribunal de Nantes. Alors que les magistrats s’apprêtent à juger Georges Courtois et Patrick Thiolet, deux (petits) braqueurs, leur complice Abdelkarim Khalki surgit dans la salle, revolver et grenade aux pognes. C’est le début d’une longue prise d’otages, qui tiendra d’autant plus la France en haleine que les malfrats exigent la présence de caméras de télévision. « Notre but n’est pas de faire du mal à qui que ce soit », lance Georges Courtois sans qu’on saisisse vraiment quel est son but… Se faire la malle ? Soutenir la cause palestinienne, comme le laisse entendre Abdelkarim Khalki ? Clope au bec et flingue à la main, décontracté et gouailleur, Courtois discourt d’une façon confuse, mais non sans un certain panache. Tout en négociant avec le Raid, l’unité d’élite nouvellement créée de la police, qui encercle le bâtiment et hésite à donner l’assaut. Une trentaine d’années plus tard, ce film réunit Georges Courtois, 70 ans, et le commissaire Broussard, 81 ans, alors patron du Raid. Le flic et le voyou se retrouvent comme deux vieux copains qui se remémorent une folle virée. Et le réalisateur prend manifestement davantage de plaisir à filmer cette proximité respectueuse qu’à comprendre les motivations de Georges Courtois. C’est dommage, on aimerait mieux cerner la personnalité et le parcours de ce drôle de gangster rebelle, manifes­tement habité par la haine du système ju­diciaire. Cet homme si calme ce jour où, comme il le confesse aujourd’hui, il « pensait être mort le soir même ».
 
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