Poussière mortelle

Arte
Le grand procès de l'amiante
08/03/19 ~ 01:40 - 03:10

Pendant des décennies, Monferrato Casale, ville italienne, a vécu sous l'emprise de l'amiante. Dans l'usine Eternit, spécialisée dans la fabrication de fibrociment, les ouvriers manipulaient ce minéral toxique sans protection. L'usine a fermé en 1986, mais l'amiante continue ses ravages. En respirant ses fibres, on risque en effet deux maladies mortelles : l'asbestose, qui tue par étouffement, et le mésothéliome, cancer de la plèvre qui se déclare parfois trente ans après. Grâce à la ténacité de citoyens et du procureur Raffaele Guariniello, le plus grand procès pénal jamais intenté en Europe pour une catastrophe environnementale s'est ouvert à Turin, en 2009. Ce film en montre les coulisses, les comparutions clés et les témoignages. Enquête aussi en Inde et au Brésil où l'amiante continue d'être produite parfois au mépris de la légalité. Critique : A Casale Monferrato, dans le nord-ouest de l'Italie, la mort a un nom : Eternit. Cette usine de fibrociment a travaillé l'amiante de 1906 à 1986. Sans se soucier de la santé des ouvriers ni des populations, et ceci en pleine connaissance des dangers. Résultat, dans cette ville l'asbestose et le mésothéliome, les maladies de l'amiante, font des ravages. On meurt couramment à 50 ans. Est-il normal que les anciens propriétaires d'Eternit, le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, vivent leur vie comme si de rien n'était ? Non, a décidé le procureur du tribunal de Turin qui, en décembre 2009, leur a enjoint de répondre de la mort d'environ trois mille personnes. Ils encourent vingt ans de prison. Niccolò Bruna et Andrea Prandstraller ont filmé ce procès, le plus grand jamais intenté contre l'amiante. En l'absence des inculpés, jugés par contumace, les caméras se focalisent sur les ouvriers : souvenirs douloureux des bleus de travail couverts de poussière blanche et des avis de décès affichés à l'entrée de l'usine. Il y a des parenthèses hors le tribunal, notamment au Brésil et en Inde, où les maladies de l'amiante ont de l'avenir. Le verdict du procès de Turin, rendu fin 2011 ou début 2012, sera exemplaire pour la justice en Europe.