Poids mort

Arte
06/12/18 ~ 23:50 - 01:15

Capitaine d'un navire marchand, Ahti Ikonen enfreint les règles de sécurité lors d'une escale. Cette infraction, commise sous la pression de sa hiérarchie, entraîne la mort accidentelle d'un marin de l'équipage. Ahti doit faire face à ses responsabilités. Mais qui exactement considère-t-on comme un poids mort, désormais ? S'agit-il de l'encombrante victime, dont le décès met en danger tout le personnel du bateau, ou bien du capitaine, responsable aux yeux de tous ? Ni lâche ni héros, enfermé dans le silence, Ahti sait que personne autour de lui ne va lui laisser le choix... Critique : Ratage intéressant que celui de Poids mort, présenté à la Berlinale en 2016, mais ratage tout de même. Hyperréaliste, ce premier long métrage (de fiction) d’un documentariste allemand décrit les conditions de travail à bord d’un navire marchand, dont le capitaine est confronté à la mort d’un membre d’équipage, après une opération non autorisée de chargement de containers. Axel Koenzen, photographe de formation, se focalise moins sur les opérations humaines (orientation sur cartes, fabrication d’une échelle) que sur la machinerie maritime (passerelle automatisée, simulateur de tempête). En résulte un collage de vignettes, qui ne possède malheureusement pas la force plastique de Dead Slow Ahead (Mauro Herce, 2015), documentaire sur un sujet similaire. De cette mécanique au fonctionnement abscons le cinéaste voudrait faire un symbole d’oppression sociale. L’ennui, c’est qu’il peine à faire émerger des personnages, en particulier chez les moins gradés du bateau, collectif de marins indifférenciés — précisément ceux qu’il voudrait défendre. Les filmer dans la pénombre ou de dos, comme écrasés par la caméra, revient finalement à ne pas leur donner de visage. Plutôt que du côté des machines, il aurait fallu se tenir du côté des hommes.