Perdrix

Canal+
10/08/20 ~ 14:10 - 15:47

Juliette Webb, une jeune femme fougueuse et qui fuit l'engagement sentimental, se fait voler sa voiture sur une aire de repos par une nudiste appartenant à un groupuscule local révolutionnaire qui veut retirer le "superflu". Le capitaine de gendarmerie Pierre Perdrix, célibataire introverti de 37 ans et vivant dans la maison familiale auprès de sa mère Thérèse, animatrice de radio très libérée, de son frère Julien et de Marion, la fille jeune adolescente de ce dernier. L’irruption de l'intrépide Juliette constitue un véritable électrochoc dans la routine de Pierre. Tout en se chamaillant, ils croisent des personnages haut en couleurs... - Critique : Pierre est un gendarme fleur bleue qui peine à exprimer ses sentiments. Juliette est cash jusqu’au sans-gêne mais brise toute relation dès qu’elle pourrait tomber amoureuse. Tout les oppose. Et pourtant ils sont faits l’un pour l’autre… Le premier long métrage d’Erwan Le Duc, journaliste au service des sports du Monde passé à la réalisation, s’appuie sur ce schéma classique, sinon éculé. Mais avec une finesse d’écriture, une habileté à mêler le burlesque absurde et la mélancolie, et une précision de la mise en scène qui renouvellent le genre. Le duo Swann Arlaud-Maud Wyler, lui délicat dans un registre tendre et lunaire, elle délicieuse dans un rôle d’adorable peste qu’aurait pu jouer Françoise Dorléac, a un charme fou. Mais le film doit aussi beaucoup aux seconds rôles, des doux-dingues attachants dignes de l’univers de Wes Anderson. Dans la famille Perdrix, je demande la mère (Fanny Ardant), une veuve inconsolable qui anime un courrier du cœur radiophonique depuis son garage ; le frère, un prof de biologie passionné par les lombrics (Nicolas Maury) ; et la nièce (Patience Muchenbach), une ado fugueuse qui rêve de devenir championne de ping-pong. La brigade de gendarmerie est au diapason, avec ses pandores neurasthéniques, plus occupés à philosopher qu’à résoudre les enquêtes. Ajoutez le gag récurrent des opérations commando menées par des naturistes révolutionnaires, et l’irruption de soldats d’opérette qui reconstituent une bataille entre nazis et résistants au cœur des Vosges, et vous obtenez une comédie délicieusement rafraîchissante.