Passengers

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09:55 - 11:47

Trip spatial minimaliste à bord d’un vaisseau intergalactique, par l’auteur d’Imitation Game. Métaphysique vertigineuse et passionnante histoire d’amour ordinaire, dans un décor extraordinaire. Dommage que l’apesanteur disparaisse lors du dénouement. Critique : En 2016, Morten Tyldum (Imitation Game) osait le trip spatial ­minimaliste, sans monstre extraterrestre et sans contact avec la Terre. A bord d’un engin intergalactique, l’un des cinq mille passagers (Chris Pratt) est tiré de sa biostase — une sorte d’hibernation. Impossible de se rendormir. L’ennui, c’est que le trajet dure cent vingt ans et que son réveil a lieu quatre-vingt-dix ans trop tôt. Le voilà condamné à mourir seul avant d’arriver à destination. Le vaisseau devient tour à tour fantastique terrain de jeu ­(façon paquebot de luxe) ou prison à la réglementation bureaucratique insensée. Cette répétition mécanique du quotidien, avec d’infimes variations et l’échec comme seul horizon, était déjà au cœur d’Imitation Game. Ici, le héros s’apparente aussi à Sisyphe. Son rocher ? Une porte blindée qu’il frappe vainement avec une masse. Solitude de l’homme, ennui sidéral, hasard tout-puissant… Quand apparaît Jennifer Lawrence, Passengers devient une ­remarquable métaphore du couple. Avoir la sensation d’être seuls au monde, n’est-ce pas l’une des caractéristiques de l’amour ? Hélas, comme Tyldum doit finalement remplir le cahier des charges du blockbuster de l’espace, l’apesanteur disparaît lors d’un dénouement spectaculaire, trop vite expédié, déjà vu ailleurs (Gravity, Seul sur Mars…), et en mieux.
 
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