Parasite

Canal+
21/03/20 ~ 23:00 - 01:10

On vient de couper de téléphone dans la maison de Ki-taek. Dans une extrême précarité, la famille profite du Wifi de ses riches voisins, les Park. Elle compte sur Yeon-Kyo, le fils aîné pour apporter de l'argent. La soeur de celui-ci lui fabrique un faux diplôme universitaire qu'il pourra montrer à Madame Park à la recherche d'un professeur d'anglais pour sa fille. Le jeune homme est alors invité dans sa luxueuse maison. Madame Park assiste au premier cours et lui montre les lieux. Et surtout les peintures de son fils. Des professeurs de dessin ont tenté d'enseigner des techniques à celui-ci mais ils ont fini par jeter l'éponge. Yeon-Kyo songe à sa sœur et pense que son arnaque est parfaite... - Critique : La famille Kim vivote dans un sous-sol miné par l’humidité. La bonne humeur prime entre ces profiteurs. Le fils va assurer des cours particuliers d’anglais à la jeune fille d’une famille richissime, les Park, dans une villa magnifique. On ne dira rien de la suite, sinon que ce septième film de Bong Joon-ho (The Host, Snowpiercer…) regorge de surprises et de retournements de situation (dont un twist dément, au mitan). Cette Palme d’or 2019 (et Oscar du meilleur film) offre un cocktail détonant de satire grinçante et de thriller sociopolitique. On peut aussi parler de farce, de film de terreur, d’allégorie sur l’atomisation violente de la société. Ce mélange des genres, Bong Joon-ho l’orchestre brillamment, avec la volonté viscérale de divertir et de faire réfléchir en même temps. On emploie « viscérale » à dessein, Parasite déployant une symbolique forte autour du tréfonds des êtres, de ce qui est enfoui, honteux. D’abord rigolard, le film est gagné par la hargne vengeresse et la cupidité dévorante. Reflet du monde néolibéral, sans foi ni loi, le système est si pernicieux que tout se brouille. Bong Joon-ho décrit avec virtuosité tout un ensemble d’interactions sociales, à travers des métaphores fortes, mêlant l’organique et le psychique. Sur l’obsession hygiéniste et la sexualité, l’alimentation et les odeurs tenaces, le film contient des perles. De scène de cache-cache vaudevillesque en barbecue virant à la bataille sanglante, de course-poursuite en méga-inondation, ­Parasite captive, déroute et ne manque pas au final d’émouvoir.