Pacific Rim : Uprising

TMC
24/08/20 ~ 20:05 - 22:10

L'humanité pensait en avoir fini avec les Kaiju mais voilà que les créatures extraterrestres s'apprêtent à nouveau à attaquer la Terre. Les Jaegers, robots géants pilotés par des humains, doivent donc reprendre du service. Jake Pentecost, un jeune pilote de Jaeger prometteur, est devenu un jeune home oisif qui s'étourdit dans la fête. Pour Jake, il est temps de se racheter et de faire honneur à son père, un héros a sacrifié sa vie lors de la première guerre. Il peut compter sur l'excellent pilote Lambert et l'intrépide Amara, une hackeuse de Jaeger, une orpheline âgée de 15 ans... - Critique : On n’attendait plus grand-chose de Pacific Rim 2 depuis l’annonce, en février 2016, que Guillermo del Toro se contentait de la production – pour se consacrer à La Forme de l’eau – et cédait la réalisation à l’inexpérimenté Steven S. DeKnight. Créateur de la série Spartacus et showrunner sur la première saison de Daredevil, ce protégé de Joss Whedon (Buffy contre les vampires) n’avait jusqu’à présent mis en scène qu’une poignée d’épisodes de séries TV. Pourquoi lui avoir confié, pour son premier long métrage, un blockbuster pareil ? Cette suite militariste repose à nouveau sur l’opposition entre des robots géants (les « jaeger »), pilotés par deux humains via une connexion neuronale, et des monstres surgis des abysses pour détruire la Terre (les « kaiju »). Affreusement écrit, le film plonge dans les coulisses de la PPDC (l’organisation chargée de défendre l’humanité contre les envahisseurs), où de jeunes recrues insignifiantes sont formés par des instructeurs tout aussi insignifiants – John Boyega et Scott Eastwood, qui conduisent ensemble l’un des robots, partagent surtout un manque de charisme. La dimension psychanalytique, qui faisait le supplément d’âme de Pacific Rim, devient ici un gadget – cf. la scène de trauma d’enfance de la jeune héroïne, pâle copie d’une séquence du premier volet. En 2013, Guillermo del Toro fusionnait avec inventivité deux sous-genres de la SF japonaise : le « mecha » (Goldorak) et le film de « kaiju » (Godzilla). Que les bestioles de Pacific Rim 2 débarquent après plus d’une heure n’est pas un hasard. Entre les robots et les monstres, DeKnight a choisi son camp. Lors des combats entre les créatures titanesques – abrutissants, mais néanmoins lisibles –, les images numériques représentent avantageusement la carrosserie rutilante des jaeger. Elles échouent, en revanche, à figurer le caractère organique et baveux des kaiju, ici particulièrement aseptisés. Faisant de cette suite un avatar des Transformers de Michael Bay.