Otto Wagner ou l'Art nouveau viennois

Arte
24/10/18 ~ 22:30 - 23:25

En rupture avec les conventions esthétiques du passé, Otto Wagner, disparu il y a un siècle, a offert à la modernité du XIXe siècle sa propre expression architecturale. Si ses premières réalisations, applaudies par la cour de Vienne, sont marquées par l'historicisme, l'urbaniste s'affranchit vite des usages en vigueur en érigeant des façades aux formes simples, dénuées de toute ornementation pompeuse. En plaçant l'homme moderne au centre de son travail, Otto Wagner décide de privilégier la fonctionnalité. Partant à la rencontre de l'homme et de l'artiste, le réalisateur Rudolf Klingohr brosse un portrait esthétique et éloquent du célèbre architecte autrichien. Critique : « Une chose qui n’est pas pratique ne peut être belle. » Cette affirmation énoncée en 1896 par l’urbaniste autrichien Otto Koloman Wagner, alors au sommet de sa gloire, suffit à résumer son œuvre colossale et sa pensée. En rupture nette avec le classicisme architectural de son époque, Wagner imagine, dès la seconde moitié du xixe siècle, des édifices aux formes géométriques strictes, aux façades simples, sans chichis, privilégiant la fonctionnalité. Le style Sécession ou Art nouveau viennois est né. Ce portrait savoureux et éloquent du célèbre architecte autrichien montre que le modernisme qu’il porta ne se fit pas sans difficulté, tant il séduisit peu au départ, notamment à la cour impériale. En nous invitant à une visite guidée de Vienne, dont Otto Wagner contribua fortement à changer la physionomie, et en nous faisant découvrir des esquisses — pour beaucoup exclusives — commentées par d’éminents spécialistes, le film révèle que l’esthétique de cet artiste longtemps incompris est d’abord une histoire d’amour pour sa femme, Louise, des formes de laquelle il s’inspire pour dessiner, pour créer. Au passage, le documentaire restitue brillamment la beauté froide et minimaliste des constructions emblématiques de cet architecte qui en a influencé tant d’autres, et qui fut un témoin privilégié des dernières années agitées de l’empire austro-hongrois.