Orfeo ed Euridice

France 2
15/02/19 ~ 00:05 - 01:27

La belle Eurydice est morte. Orphée, son époux, et ses amis se lamentent sur sa tombe. L'Amour apparaît alors, annonçant à Orphée que Zeus a pitié de son chagrin. Il est autorisé à descendre aux Enfers, où il devra par la seule force de sa musique convaincre Pluton de le laisser repartir avec Eurydice. Mais alors, une seconde épreuve l'attend : traverser le Styx, Eurydice sur ses pas, sans jamais se retourner pour la regarder... Critique : Eurydice est morte, Orphée, désespéré, ira la chercher jusqu’en enfer. Concis, intense, surtout dans cette version originale de 1762, l’opéra de Gluck se concentre sur Orphée, Amour et Eurydice, entourés par un chœur (celui de Radio France, très bien préparé) qui incarne les bergers et les nymphes endeuillés, ainsi que les ­esprits des Enfers. A l’épure de l’œuvre répond celle de la mise en scène de Robert Carsen. Si la séquence aux Enfers est teintée de rouge, le spectacle joue sur le noir et blanc, dans ses décors minéraux comme dans les costumes, dont la modernité et la sobriété soulignent l’atemporalité du mythe. Philippe Jaroussky est un Orphée au timbre lumineux et assuré, un roc de douleur et d’humanité. Patricia Petibon campe une déchirante Eurydice. Au-delà du rendu sonore, la vérité du personnage époustoufle. Emöke Baráth, enfin, incarne un frais et touchant Amour. On a connu l’ensemble I Barocchisti plus flamboyant, mais Diego Fasolis soigne, comme à son habitude, les couleurs et les dynamiques.