One, Two, Three

Arte
12/06/18 ~ 00:25 - 01:20

Ils étaient artisans, ouvriers, médecins ou enseignants. Si Maryam, Hovsep, Aida, Anahit et Mikhail ont entre 60 et 80 ans et ont rejoint un groupe amateur de danse traditionnelle, sous la houlette de la dynamique professeure Jasmina. Originaires d'Erevan, en Arménie, les membres de cette petite troupe pleine d'entrain n'ont rien perdu de leur optimisme et de leur humour. Sous le regard tendre d'Arman Yeritsyan, qui a suivi pendant de longs mois les préparatifs de leur spectacle, ils partagent leurs souvenirs et leurs rêves, toujours vivaces malgré le temps qui passe. Critique : « Il faut vivre l’instant présent, se réjouir, rire. » La voix enthousiaste et l’œil brillant, Hovsep galvanise ses camarades. Ensemble, ils préparent un spectacle de kotchari, une danse traditionnelle arménienne. Pour ces retraités originaires d’Erevan, le défi n’est pas seulement physique. Ces anciens ouvriers, enseignants, artisans ou médecins doivent aussi surmonter leurs peurs, leurs souffrances… Ils se livrent d’abord timidement, puis avec assurance, face à la caméra bienveillante d’Arman Yeritsyan. Avec facétie, ils évoquent leur jeunesse et s’interrogent sur le présent. Ainsi, Mikhail, 80 ans, rêve encore de sexualité. « Mais les gens diraient : “Regardez-moi ce pervers !” » tranche-t-il, hilare. Le film est une succession de portraits mêlant histoires drôles mais aussi déchirantes. Comme celle d’Anahit, 64 ans, qui se retrouve seule après avoir perdu enfants et mari. Alors, elle danse. Pour se sentir exister. Sorti en 2015, ce documentaire est le deuxième du réalisateur sur le patrimoine de la danse en Arménie, après The Last Tightrope Dancer in Armenia (2010). Il se regarde surtout comme on écouterait un hymne à la joie. La joie de savourer chaque instant de la vie. Les questionnements des protagonistes, leurs astuces pour rompre avec la solitude, leurs réflexions sur la vieillesse ou la mort sont une belle leçon.