Nucléaire, non merci !

Arte
18/06/20 ~ 23:55 - 01:50

Dans les années 1980 en Allemagne, dans le Haut-Palatinat. Le président Hans Schuierer doit proposer des solutions pour contrer la progression du chômage. Les plans du Land de Bavière tombent à point nommé : une usine de traitement de déchets nucléaires va ouvrir dans la commune de Wackersdorf, portant l'espoir d'un boom économique qui profiterait à toute la région. Les protestations d'une initiative citoyenne écologique sont violemment réprimées par les autorités bavaroises. Et soudain, Hans Schuierer se retrouve dans une impass : doit-il rester sur sa ligne politique ou renouer avec son bon sens ?... - Critique : Privilégier l’économie ou la santé ? Ce ­débat d’actualité se trouve au cœur de ­Nucléaire, non merci !, sorti uniquement dans les salles allemandes et autrichien­nes. Le troisième long métrage d’Oliver Haffner retrace la lutte, durant les années 1980, contre l’implantation d’une usine de retraitement à Wackersdorf. Il épouse le point de vue de Hans Schuierer, conseiller général de Bavière, d’abord ­défenseur du projet — à cause des emplois générés —, puis fer de lance de la contestation. Johannes Zeiler (le Faust de ­Sokourov, en 2011) incarne à merveille cet élu local placide, force tranquille qui bascule insensiblement de la résignation à la révolte. Le cinéaste montre comment le con­flit revitalise une zone minière sinistrée, caractérisée par sa grisaille et son engourdissement. Et comment les traditions bava­roises — fanfares de cuivres, prières catholiques — se transforment en efficaces instruments de résistance. Dans l’une des meilleures scènes, la forêt, décor romantique à la Goethe, devient le théâtre d’un rassemblement militant cerné par la ­police anti-émeute. La douceur de la mise en scène n’atténue en rien la violence des autorités pro-nucléaires (destruction d’une tour d’observation en bois, édification d’une clôture en acier). Les brutalités policières, qui éclatent sur les images d’archives, firent trois morts en 1986 : un parmi les représentants de l’ordre et deux parmi les manifestants.