Nourrir les hommes

France 2
05/02/19 ~ 23:15 - 00:25

Ils sont les rouages de l'industrie agro-alimentaire. Ouvriers d'abattoir ou cadres en marketing, ils ont connu le scandale. Dans ce film, ils témoignent pour la première fois. Emilie, ouvrière à la chaîne dans une usine de surgelés, David, directeur marketing chez le numéro un français du jambon, Benjamin, éleveur de poules en cage, et Roman, tueur en abattoir, savent qu'il est temps de changer de système. Petites mains ou grands patrons, ces professionnels de l'alimentation se savent impopulaires. Vache folle, oeufs contaminés, lait aux salmonelles : les scandales se sont succédé et la confiance s'est effritée. Critique : Qu’il semble loin le temps où l’industrie agroalimentaire avait la cote. Hier perçue comme un instrument de science et de progrès indispensable pour nourrir les masses, elle est aujourd’hui communément accusée d’empoisonner le consommateur et de maltraiter les bêtes. Les « petites mains » qui besognent dans ce secteur d’activité en souffrent, montre cette enquête qui tend le micro à des hommes et des femmes employés dans un abattoir et une chaîne de fabrication de plats surgelés, ainsi qu’à un éleveur de poules en cage. Pas facile, explique ainsi Romain, tueur d’animaux de boucherie, d’être « traité d’assassin », alors qu’au fond « je fais le sale boulot que les gens ne veulent pas faire… ». Le film interroge également une poignée de cadres du secteur. « Si on ne change rien, disent-ils, dans vingt ans nous ne serons plus là. » Ils assurent que l’agroalimentaire a entamé sa mue. La transformation serait profonde. Info ou intox ? Ce documentaire ne tranche pas, c’est sa limite. Quoi qu’il en soit, il a pour mérite de donner la parole aux acteurs de cette industrie plutôt qu’aux partisans de modèles alternatifs, comme c’est l’usage. Suivi d’un débat animé par Marie Drucker, avec Gilles Fumey, professeur de géographie culturelle, et Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.