Noureev

Canal+
21/07/20 ~ 07:15 - 09:18

Nureev, étoile du ballet du Kirov, veut être le meilleur danseur du monde. Pour atteindre cet objectif, il est prêt à tout. En 1961, en pleine Guerre froide, il se produit à l'Opéra de Paris. La ville lumière et sa vie nocturne l'émerveillent. Sur place, il se lie d'amitié avec l'aristocrate chilienne Clara Saint, une mondaine qui le met en relation avec les gens qui comptent à Paris. Les agents de KGB voient d'un mauvais oeil son engouement pour la vie à l'Ouest. Noureev finit par rester à Paris. Alexander Ivanovich Pushkin, instructeur au célèbre Ballet Kirov de Saint-Pétersbourg, convoqué pour expliquer sa relation avec Nureev après la défection du danseur... - Critique : C’était une scène de cinéma avant d’en être une : en juin 1961, à l’issue d’une tournée à Paris, Rudolf Noureev passe à l’Ouest, au nez et à la barbe du KGB, à l’aéroport français du Bourget… Articulé autour de cette échappée décisive et des semaines qui l’ont précédée, ce biopic déroule en parallèle un jeu de flash-back, où s’entremêlent l’enfance misérable du danseur et ses années d’apprentissage à Leningrad. En passant sans cesse d’une année à l’autre, l’acteur Ralph Fiennes, qui signe sa troisième réalisation, propose un portrait en forme de puzzle. Il tisse des échos entre les images et les époques : une sculpture du Louvre est mise en regard avec le corps au travail du jeune prodige ; la morgue et la confiance en soi de « Rudi » apparaissent au travers d’épisodes disséminés dans le temps… Cette manière d’éclater le récit donne des scènes troublantes, quand le paysage parisien renvoie aux bâtiments russes et aux espaces étouffants hantés par les sbires du KGB. Mais, inversement, rien n’est approfondi : ni la relation de Noureev avec son mentor, le professeur Pouchkine (joué, en russe, par Fiennes), ni son approche de la danse. Quant aux personnages secondaires, ils sont inconsistants — dans le rôle du danseur français Pierre Lacotte, Raphaël Personnaz joue les utilités… Mélange de charme et d’opacité butée, le danseur Oleg Ivenko se révèle, lui, convaincant dans son premier rôle, imposant son charisme brut.