Nos années Julien Clerc

France 3
27/10/18 ~ 02:10 - 04:05

Julien Clerc a débuté sa carrière en 1968. Cinquante ans plus tard, le chanteur, d'ordinaire si pudique, décide de se confier et d'ouvrir son «album de famille». Il revient ainsi sur ses racines métisses, sa «double enfance», partagée entre un père bourgeois et une mère communiste d'origine guadeloupéenne, sur ses amours, ses femmes et ses douloureuses ruptures. Il raconte également l'histoire de ses plus célèbres chansons, de «Ce n'est rien» à «Si j'étais elle», de «La Cavalerie» à «Utile». Mais Julien Clerc n'est pas le seul protagoniste de ce documentaire. Sa fille Jeanne, ses amis et ses complices interviennent à leur tour et dévoilent les secrets de sa longévité. Critique : Il y en a peu, des voix et des présences qui traversent les décennies avec cette cons­tance. Passer en revue les cinquante ans de carrière de Julien Clerc, c’est revoir débarquer au printemps 1968 le hippie romantique de La Cavalerie ; réentendre l’amoureux blessé de Souffrir par toi n’est pas souffrir ; saluer l’interprète assagi d’Utile… Et constater, sans surprise, que les tubes des années 1980 (Lili voulait aller danser, Cœur de rocker…) ont payé un plus lourd tribut au temps qui passe que leur interprète. Entrecoupé de témoignages de proches, le film refait le parcours à l’envers : les blessures de l’enfant de divorcés, les amours, la paternité, les séparations, les chansons marquantes, et la contribution des nombreux auteurs qui se sont succédé au chevet du mélodiste (Maurice Vallet, Etienne Roda-Gil, Jean-Loup Dabadie…). Sans révolutionner le genre, le film trouve un petit supplément d’âme en préférant à un commentaire énamouré la voix de l’artiste. Lui qui refusa toujours d’étaler sa vie privée dans les médias pose lui-même des mots — ou se contente aussi de silences évocateurs — sur les images. Le documentaire se nimbe ainsi de pudeur et d’une certaine élégance. S’il ne révèle rien, il sème ici ou là, au gré des témoignages, quelques analyses pertinentes sur le « style » Julien Clerc, l’alchimie fragile entre mélodiste et parolier, l’amour, simple et indéfectible, pour la musique.