Nos Années Folles

Canal+
18/09/18 ~ 01:20 - 03:00

Pendant la Grande Guerre, Paul ne supporte plus le bruit des canons et l'horreur des tranchées. Il déserte et retrouve Louise, sa femme avec laquelle il vit une histoire d'amour passionnée. L'entourage de Louise lui conseille de le dénoncer. Mais elle aime trop son mari. Afin d'échapper aux autorités, celui-ci se grime et devient Suzanne. Perruqué, maquillé, corseté, il découvre le milieu de la nuit. En 1925, amnistié, il peut redevenir officiellement un homme. Sauf que Paul a changé et ne veut pas retrouver sa vie d'avant et veut rester une femme. Il continue à séduire dans des soirées chic. Et à se prostituer au bois de Boulogne pour assurer les besoins du ménage... Critique : | Genre : violence et passion. La guerre de 14-18. Paul décide de déserter, se cache avec la complicité de sa femme, Louise, dans un espace réduit de leur appartement où il étouffe… Qui des deux a, le premier, l’idée biscornue, extravagante, ridicule de déguiser Paul en fille ? Perruqué, maquillé, corseté, il devient Suzanne. Et, passé la gêne et la maladresse, devenir femme lui plaît assez. Beaucoup. Trop… A la fin de la guerre, il continue à se prostituer, avec l’accord de sa femme, pour assurer le train de vie du ménage… L’histoire, vraie, a donné lieu à un livre de Danièle Voldman et Fabrice Virgili, La Garçonne et l’Assassin. Et à une BD de Chloé Cruchaudet, Mauvais Genre.André Téchiné a placé son film (son meilleur depuis des années) sous deux influences qui lui sont chères. Le lyris­me de Jean Renoir. Et l’extravagance de Max Ophuls : la scène du cabaret où se produit Paul-Suzanne évoque, en modèle réduit, le cirque de Lola Montès. Son impudeur. Sa violence. Avec la présence obsédante des corps — ceux qui se féminisent et ceux que la guerre disloque —, le réalisateur filme, une fois encore, l’histoire d’une passion. Pierre Deladonchamps, formidable, ne peut résister à Suzanne, comme Deneuve, dans Le Lieu du crime (1986), ne pouvait s’empêcher d’abandonner les siens pour suivre un homme de désir. Tous les héros du cinéaste se métamorphosent à leurs risques et périls. Et leur transformation — leur mue — fascine.