Nadia & Fernand Léger, la face cachée d'un maître

France 5
23/09/18 ~ 09:25 - 10:25

Même si du couple Léger on ne retient que Fernand, l'artiste de la modernité, sans Nadia son épouse, la carrière du peintre aurait eu un tout autre destin. Critique : Ce qui frappe, c’est son visage rond et ses cheveux ondulés tirés en arrière. De fait, Nadia Khodossievitch, élève, assistante, amante, puis tardivement épouse de Fernand Léger, ressemblait aux créatures des tableaux de son mentor. Née en 1904 dans une famille de paysans pauvres de Biélorussie, la jeune fille profite du bouillonnement révolutionnaire de 1917 pour intégrer une école de dessin. Après un crochet par les Beaux-Arts de Varsovie, elle s’installe à ­Paris en 1924 et rejoint l’atelier de Léger — son but depuis qu’elle vit des reproductions de son œuvre. Si la jeune femme met de côté sa propre peinture pour prendre la direction de l’Académie de l’art moderne, le documentaire souligne son indépendance d’esprit. Militante communiste, elle reste à Paris quand son amant s’exile à New York en 1940. Résistante, elle fera tout pour le remettre dans le circuit à son retour en 1946. Dommage que l’auteur du documentaire passe sous silence les tiraillements du pacte germano-­soviétique. L’immédiat après-guerre voit Nadia Khodossievitch ­reprendre les pinceaux — ses grands portraits des leaders du PCF se distinguent par leur modernité pop art avant l’heure. Le film use des matériaux habituels : interviews de spécialistes, images d’archives et voix off omniprésente. Il a toutefois le mérite de ramener à la surface le souvenir d’une femme indépendante dont le dernier acte fut formidable de générosité : le legs du musée Fernand-Léger à Biot et ses dizaines de chefs-d’œuvre. C’est le plus grand musée français consacré à un seul peintre.
 
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