Mother !

Canal+
30/09/18 ~ 00:15 - 02:10

Une jeune femme, soucieuse de son bonheur conjugal, a voulu faire de sa maison un paradis en soignant la décoration dans les moindres détails. L'existence tranquille et parfaite du couple est bouleversée quand un homme étrange frappe à la porte de sa demeure. Pour son mari, rien de plus naturel que de l'accueillir pour la nuit. La jeune femme se méfie et un peu plus encore quand l'épouse de cet homme se présente. Elle se met à fouiller dans les affaires de ses étranges invités et découvre une multitude de photos de son mari. Elle s'en inquiéte, lui la sermonne d'avoir été trop curieuse. Des évènements étranges ne vont pas tarder à se succéder... Critique : | Genre : grand-guignol. Après un blockbuster biblique peu concluant, Noé, Darren Aronofsky revient au cinéma plus personnel qui lui a tant réussi, depuis Requiem for a dream jusqu’à Black Swan. Il reprend donc les thèmes de l’enfermement, de l’obsession, du glissement vers la folie. Un couple vit dans une maison isolée, en rénovation. L’homme est un écrivain en panne. Sa compagne, qui a l’âge d’être sa fille, s’occupe de tout le reste. Chacun sa névrose : lui, l’écriture ; elle, la maison. Cet équilibre cède après l’arrivée d’inconnus ­accueillis à bras ouverts par le romancier. La première heure évoque un hommage appuyé au Roman Polanski de Répulsion. Tout est filmé du point de vue de la maîtresse de maison. Submergée par sa phobie des intrus, elle sent son univers se dérégler. Le second acte met en scène le thème de la maternité annoncé par le titre : cette fois rôde le spectre de Rosemary’s ­Baby, toujours de Polanski. Mais très vite, c’est la surcharge. L’envahissement de la maison repart de plus belle. Les visions terrifiantes s’enchaînent. Avec cette bascule vers le fantastique, la demeure devient le théâtre de tous les maux contemporains : délinquance, misère, guerre, entassement de réfugiés, fanatisme, ­ultraviolence. Ce n’est pas tout : Darren ­Aronofsky veut aussi parler de l’égoïsme ravageur du créateur, qui ne retrouve l’inspiration qu’en détruisant tout et tout le monde autour de lui… Dépassé par son ­accumulation de sujets et par ses grands moyens, le cinéaste perd le fil, confond ­audace et outrance.