Moon

Arte
06/01/19 ~ 23:10 - 00:40

De la SF adulte, intelligente, plus proche de Silent Running, le classique de Douglas Trumbull, que de Pandorum. Et le vide des espaces interstellaires est toujours aussi glaçant. Critique : | Genre : présence d’un clone. On s’en fiche qu’il soit le fils de David Bowie : le premier long de Duncan Jones se tient très bien tout seul. Il raconte les derniers jours d’un astronaute en poste sur la Lune. Trois ans de mission solitaire à surveiller l’exploitation du minerai qui assure désormais à la Terre 70 % de ses besoins énergétiques. Le pionnier, content que sa mission s’achève bientôt, commence à avoir des doutes sérieux sur son état mental et physique : hallucinations diverses, condition générale piteuse. Et surtout apparition d’un double de lui-même dans la station… On croit d’abord que c’est son ordinateur, Gerty, descendant de HAL, qui veut lui jouer des tours (d’autant que c’est le suave Kevin Spacey qui fait la voix de Gerty), mais c’est plus compliqué. La solitude du clone qui sait qu’il est un clone nous plonge dans des abîmes métaphysiques. Quid de ces consciences clonées qui s’individualisent à mesure qu’elles avancent dans l’existence ? Moon est un film un peu dépressif, qui invite à réfléchir à ce qui constitue une identité. Mais cette neurasthénie-là est amenée par un talent de conteur certain, un sens de l’atmosphère. De la SF adulte, intelligente. Et le vide des espaces interstellaires est toujours glaçant.