Mickybo and Me

Canal+
08/08/18 ~ 05:25 - 06:55

Au début des années 70, Belfast est une ville déchirée par la guerre civile qui oppose les catholiques et les protestants. C'est dans ce contexte particulièrement défavorable que se rencontrent deux garçons d'une dizaine d'années : Mickybo, le catholique et Jonjo, le protestant. Très vite, ils deviennent les meilleurs amis du monde. Mais un jour, un événement va changer leur vie. Ils se retrouvent dans la même salle de cinéma pour assister à la projection du film «Butch Cassidy et le Kid». Cette histoire d'amitié entre deux hors-la-loi les impressionne au plus haut point. Aussi décident-ils, comme leurs héros, de préparer leur fuite... Critique : | Genre : les 400 coups. Mickybo et Jonjo sont reliés et séparés par un pont. A Belfast, en 1970, il y a, d’un côté du pont, les catholiques (Jonjo et sa famille) et de l’autre, les protestants (Mickybo et sa tribu). Mais les deux garçons sont trop jeunes pour comprendre les rivalités des adultes. Ils sont amis, malgré tout, et partagent le même amour pour le film Butch Cassidy et le Kid. Bien loin du conflit qui ensanglante leur ville, Mickybo et Jonjo rêvent de ressembler à leurs idoles, Newman et Redford. Terry Loane filme ses deux héros à hauteur de gamins, se concentrant sur leur univers imaginaire qui rejette le quotidien en arrière-plan : on voit bien passer, derrière eux, des camions militaires ; ils s’orientent dans la ville grâce à des repères étranges : « Quand tu vois le bus explosé, tu prends la cinquième rue à gauche… » La fuite de Mickybo et de Jonjo vers un ailleurs idéalisé, l’Australie, n’en devient que plus tragique et teintée de nostalgie. Comme Butch et le Kid, ils vont braquer des banques, dormir dans des granges, pédaler au son de Raindrops keep fallin’ on my head, et sauter du haut d’une falaise. Mais avec leurs moyens, c’est-à-dire des pistolets en plastique pour les hold-up. Jamais ridicules, les enfants sont finalement pris au sérieux dans leur cavale, et on se met à espérer, avec eux, que l’Australie n’est pas si loin.