Michael Jackson : Leaving Neverland

M6
21/03/19 ~ 22:50 - 00:35

A 10 et 7 ans, James Safechuck et Wade Robson étaient deux grands fans de Michael Jackson. Aussi, quand le roi de la pop les invite dans son domaine de Neverland, les deux garçons étaient très enthousiastes. Des années après, ils se confient face caméra sur la relation qui les liait à la vedette. Leurs mères, leurs épouses et leurs frères et soeurs reviennent également sur cette manipulation dont ils ignoraient tout à l'époque. Ces entretiens poignants font écho aux affaires d'agressions sexuelles dans lesquelles Michael Jackson avait toujours clamé son innocence. Critique : « Bambi », un redoutable prédateur sexuel ? N’en déplaise aux fans, ce documentaire accablant relance les accusations de pédophilie à l’encontre de Michael Jackson, dix ans après sa mort. Le réalisateur Dan Reed a recueilli les confessions glaçantes de deux victimes présumées, à propos de faits datant de leur enfance. Et c’est du lourd. Si bien qu’après la diffusion des deux épisodes, les 3 et 4 mars sur HBO, les ayants droit de la star — totalement absents à l’écran, un choix assumé par la chaîne — ont porté plainte illico. Ça commence par une bombe. « Il était l’une des personnes les plus gentilles, adorables et attentionnées que j’ai connues. Il m’a aidé dans ma carrière, dans ma créativité. Et il m’a aussi agressé sexuellement pendant sept ans », annonce, d’une voix blanche, le chorégraphe australien Wade Robson, 36 ans. Au crépuscule des années 1980, cet adorable blondinet tape dans l’œil de Michael Jackson lors d’un concert à Brisbane. Le « roi de la pop » le prend sous son aile, le couvre de cadeaux et l’invite en famille dans sa propriété de Neverland. Très vite, le rêve de gosse confine au cauchemar. A l’abri des regards, « Peter Pan » l’initie à la pornographie, la masturbation, la fellation, le toucher rectal… Un autre témoignage pour le moins troublant — celui de James Safechuck, ex-enfant star à Los Angeles — résonne parfaitement avec le précédent. Les entretiens se veulent sobres, sans larmes ni pathos, et la réalisation est dépouillée, pour ne pas décrédibiliser les deux récits. Tandis que d’innombrables photos et vidéos du chanteur en compagnie de garçonnets s’intercalent au montage, se dessine en filigrane le profil d’un pervers sexuel expert en manipulation mentale. C’est cru, choquant, sordide. Jusqu’à la nausée.   Suivi d’un débat animé par Nathalie Renoux.
 
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