Mercuriales

Arte
19/09/18 ~ 23:30 - 01:10

Les tours jumelles de Bagnolet au cœur d'un essai filmique stimulant, entre fiction et documentaire, chaos et joie, aux confins de la mythologie et du quotidien. Critique : | Genre : tours jumelles. Formidable idée que d’échafauder un film à partir des deux imposantes tours Mer­curiales de Bagnolet. Elles sont visibles de loin et leur gémellité évoque insidieusement les Twin Towers détruites le 11 septembre 2001. Un simili-World Trade Center de périphérie, transfiguré par les éclairages nocturnes et, en l’occurrence, par le regard et l’imaginaire de Virgil Vernier. Après son beau moyen métrage Orléans, le jeune réalisateur poursuit son exploration de la frontière entre fiction et documentaire. Mais aussi des confins de la mythologie et du contemporain. Avec une liberté qui semble absolue, il suit et abandonne ses personna­ges — un vigile, deux jeunes femmes en situation ­précaire, qui rêvent et s’amusent à jouer les sœurs jumelles, comme les tours. Le chaos du monde est là. Ses sources clandestines de joie, aussi. Une discussion entre filles et mecs peut tourner à la joute, et une déambulation en plein no man’s land, inquiéter sourdement. Mais, au fil de l’expérience, le cinéaste semble hésiter devant l’assemblage des fragments et le champ des possibles, qu’il ne cesse d’élargir. Le dessein d’ensemble restera brumeux, mais Mercuriales confirme que Virgil Vernier est un filmeur exceptionnel.
 
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