Memories of Murder

Arte
09/04/18 ~ 22:55 - 01:05

Dans un village coréen, un serial killer tue des jeunes filles vêtues de rouge. Un policier de Séoul vient enquêter. Le cinéma coréen réserve de bien bonnes surprises. Ce polar décalé en est la preuve, oscillant entre horreur et drôlerie. Avec un mystère non résolu, c'est encore mieux ! Critique : 1986. La Corée est en pleine dictature. Dans un village, un serial killer tue des jeunes filles. Toujours vêtues de rouge. Toujours les jours de pluie. Quelques heures avant les meurtres, coïncidence ou pas, quelqu’un fait diffuser sur la radio locale un air triste, toujours le même. Les flics du coin en perdent leur latin. Et Seo, l’envoyé de Séoul, qui se croyait plus finaud, aussi… On dirait un polar à l’occidentale, avec flics pourris et serial killer malin. C’est plutôt une méditation sur le mal, invisible et universel. Avec fausses pistes burlesques : un flic est sommé par sa copine d’assister à un pique-nique, un autre, contrarié par l’absence d’indices sur les corps des filles, s’en va dans un sauna surveiller des hommes dénués de poils pubiens… Le rythme lent est brisé par des secousses furieuses. Ainsi la traque d’un pervers sexuel dans le décor fantomatique d’une usine en construction. Encore plus intéressant : le sourd et omniprésent climat d’insurrection qui pèse sur la capitale lointaine. Peu à peu, le film devient vraiment effrayant, puisqu’on ne voit rien, en fait, on ne fait que deviner. La souffrance de tous ces corps à qui l’on a ôté la vie. Mais aussi celle de tous les assassins possibles, murés dans leurs tourments secrets.