Maudie

Arte
24/08/20 ~ 12:35 - 14:35

Dans la province canadienne de la Nouvelle-Ecosse, Maud Lewis consacre son temps libre à la peinture. Pour gagner son indépendance et ne pas être un fardeau pour sa tante, qui l'a recueillie à la mort de ses parents, Maud devient femme de ménage, au service d'Everett Lewis, un pêcheur qui mène une vie d'ermite. Entre les deux jeunes gens, les contacts sont plutôt rares et la communication quasi-inexistante. Pourtant, leur relation évolue imperceptiblement, et tous deux finissent par devenir amants. Tout en continuant son travail de femme de service, Maud tapisse peu à peu les murs de la cabane d'Everett de ses créations, qui attirent bientôt l'attention... - Critique : À l’instar de Séraphine (Martin Provost, 2008), le long métrage d’Aisling Walsh — sorti directement en DVD en France — s’attache à une figure de l’art naïf. La Canadienne Maud Lewis (1903-1970) est connue pour ses paysages et ses portraits stylisés aux couleurs vives. Le biopic débute à la fin des années 1930, quand elle emménage comme bonne chez un vendeur de poisson revêche, qui deviendra son mari. Sans surprise, la réalisatrice irlandaise compose certains plans comme des tableaux. Mais sa mise en scène n’a rien d’ostentatoire : elle prend, fugacement, des allures de toiles vivantes (les époux à pied sur une route au bord de la mer). Ce que Maudie raconte le mieux, c’est l’émancipation d’une femme au sein d’un couple — un modèle réduit de société. Plus la peinture devient une activité professionnelle, plus les tâches ménagères sont équitablement réparties. En dessinant des compositions florales à même les murs, l’artiste s’empare symboliquement des lieux, jusqu’à transformer la cabane crasseuse en cocon bariolé. Cette progression sociale se devine aussi lorsque les mariés se déplacent : il pousse une charrette à bras, elle claudique derrière ; puis il la transporte. Sally Hawkins (La Forme de l’eau) et Ethan Hawke sont touchants en marginaux voûtés.