Maryline

Canal+
20/11/18 ~ 23:45 - 01:30

A la mort brutale de son père, Maryline, qui a grandi quasiment en huis clos dans un petit village éloigné de tout, décide de « monter à Paris » tenter sa chance dans le métier de comédienne. Mais le cinéma est un monde violent et la jeune femme, timide et réservée, n’a pas les mots pour se défendre face à des metteurs en scène qui se révèlent si odieux à son égard qu’elle sombre peu à peu. Sa vie prend un autre chemin quand une actrice confirmée la prend en affection et lui redonne confiance. Elle commence à percer et à trouver sa voie … Critique : La surprise est de taille : après sa comédie autobiographique Les Garçons et Guillaume, à table !, voici que, pour son deuxième film, Guillaume Gallienne passe tout à trac au mélodrame, avec quelques sourires au milieu des larmes. Celles d’Adeline d’Hermy, venue de la Comédie-Française, joyau de ce film gonflé. Une révélation, dont l’étrangeté, la sensualité fragile évoquent les héroïnes de Cassavetes ou Fassbinder. Elle est Maryline, jeune femme issue d’un milieu modeste et rural qui rêve de devenir comédienne. Mais la débutante n’a pas les mots pour se défendre dans un milieu du cinéma souvent infantilisant, voire humiliant. Alors elle ravale sa colère et se met à boire… C’est l’histoire d’une femme sous influence, enfermée dans le silence, qui, heureusement, finira par rencontrer des gens bienveillants. Comme lors de cette belle séquence où une con­sœur, bien plus star qu’elle (superbe Vanessa Paradis qui s’inspire visiblement de Jeanne Moreau), sait trouver les mots pour la libérer. Mais c’est des planches que viendra son salut. Avec ce chemin de croix d’une comédienne, Guillaume ­Gallienne se permet tout, des envolées lyriques, comme des instants comiques autour d’une urne funéraire. Surtout, il rend un vibrant hommage à sa maison mère. Son finale le dit sans équivoque : pour lui, le cinéma est plus fort quand il est théâtral…
 
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