Marvin ou la belle éducation

Canal+
27/01/19 ~ 02:30 - 04:20

Marvin Bijou a quitté son village des Vosges où il a vécu une enfance sans l'amour. Ses parents ne l'ont jamais soutenu ni protégé des brimades dont il a souffert à cause de sa "différence". Madeleine Clément, la principale du collège, a été la bouée de sauvetage du jeune homme en incitant celui-ci à s'inscrire à un cours de théâtre et d'improvisation. Il croise également sur sa route, Abel Pinto, qui lui aussi a dû faire face au rejet et qui l'encourage à raconter sa vie sur scène. En route pour le succès, il a l'écoute bienveillante de Roland et d'Isabelle Huppert à qui il va donner la réplique. La famille de Marvi, devenu Martin, découvre l'existence du spectacle et n'apprécie pas la façon dont elle y est décrite... Critique : Les avis sont partagés   2T Pour « Ça parle d’un mauvais départ. » C’est Marvin (Finnegan Oldfield, splendide) qui le dit lui-même à un journaliste, longtemps après avoir quitté une famille peu et mal aimante. Après avoir erré, à Paris, au gré de rencontres amoureuses lui laissant le vide au cœur. Et avoir tenté, aussi, auprès d’étudiants en théâtre comme lui, de paraître ce qu’il n’était pas… Le film est une balade fiévreuse sur un être humilié et offensé chez qui la lumière finit par l’emporter sur l’ombre. Du roman d’Edouard Louis, la cinéaste n’a gardé que l’enfance, qu’elle a stylisée avec aplomb. Avec le personnage du père, qui éructe, ment : la réalisatrice le montre dans sa misère, son abrutissement, son obscurantisme, mais sans le condamner jamais. — Pierre Murat   On n'aime pas Contre On comprend qu’Anne Fontaine ait renoncé à une adaptation au sens strict : sa représentation du prolétariat, seule classe sociale décrite dans le roman, est catastrophique. Des Deschiens pas drôles, des salauds de pauvres, rachetés à la va-vite, de façon scolaire, à la fin du film. On est très loin du texte, en effet, où les situations et les comportements, crûment décrits, étaient mis en perspective par l’analyse sociologique et historique… Manque le regard d’un Bruno Dumont, ou celui d’un Xavier Beauvois. — Louis Guichard