Madame Bovary

France 2
06/05/20 ~ 12:55 - 14:25

L'ironie du tandem Chabrol-Huppert sied parfaitement à la vie ratée d'Emma, plus grande rêveuse des annales littéraires. - Critique : | Genre : drame narquois. Il y avait déjà beaucoup de Mme Bovary chez Violette (Nozière), la parricide, et chez Marie, l'avorteuse d'Une affaire de femmes, du même Chabrol. Ces deux-là ont parfaitement préparé le terrain : après elles, on ne pouvait imaginer plus flaubertienne Emma qu'Isabelle Huppert, ni même plus flaubertien cinéaste que Chabrol, lequel ambitionnait précisément l'« absolue fidélité » au roman. Lors de la sortie du film, cette fidélité lui fut reprochée, vite identifiée à un manque d'inspiration. Rétrospectivement, c'est pourtant l'ironie impitoyable de la comédienne et du cinéaste (restés en cheville jusqu'au bout, voir le dérangé Merci pour le chocolat et L'Ivresse du pouvoir, autour de l'affaire Elf) qui saute aux yeux. Une ironie qui, comme l'entendait Flaubert, vient constamment désamorcer la charge dramatique des événements et souligner la bêtise de tous les personnages. Elle nous autorise à rire des malheurs et de la vie ratée d'Emma, plus grande rêveuse des annales littéraires, sans oublier que, évidemment, le bovarysme est un mal universel. — Louis Guichard