Little Miss Sunshine

LCP
20/05/18 ~ 14:30 - 16:10

Avec sa brochette de grands acteurs, cette comédie grinçante sur la famille et le rêve américain, écrite par un débutant et réalisée par des inconnus, a été un succès inattendu et mérité. Critique : | Genre : thérapie familiale. Sur le papier, c’est la chronique d’une famille de losers caractérisés. On craint une énième critique du rêve américain, typique du cinéma indépendant. Or le film propose autre chose, une thérapie de groupe impromptue, sauvage et ambulante. Ladite famille est en effet forcée de cohabiter dans un van brinquebalant pour traverser l’Amérique et conduire la benjamine sur le lieu d’un concours de mini-Miss — le clou du film. Les innombrables incidents de parcours ne sont pas qu’une suite de gags efficaces. Ils participent de ce remarquable travail d’affinage des personnages auquel se livrent les acteurs. Greg Kinnear, le père pathétique, Toni Collette, la mère malmenée, Steve Carell, l’oncle suicidaire, acquièrent une humanité inattendue dans semblable satire. Cette fois, les perdants ne se transformeront pas, in extremis, en gagnants paradoxaux. Non, ils découvriront les charmes insoupçonnés du hors-jeu. Comme dans cette séquence récurrente qui montre la smala poussant le van hors d’âge pour le faire redémarrer. D’une contrainte humiliante (pas même un véhicule en état de rouler, comme tout bon Américain) découle un élan, une joie à être ensemble qu’aucun membre de la famille n’avait vu venir. Ainsi le chaos peut-il tourner à la fête, et la dés­union faire la force. Rien ne va et pourtant, soudain, tout roule.