L'Italienne à Alger

Arte
25/11/18 ~ 23:40 - 02:20

Après avoir débarqué à Alger à la recherche de son fiancé disparu, Lindoro, Isabella, une belle Italienne, est enlevée par le bey d'Alger, apparaissant ici sous les traits d'un mafieux. Mais grâce à son charme et à sa filouterie, elle parvient à manipuler son ravisseur, tombé amoureux d'elle... Critique : « Je croyais que les Vénitiens me tiendraient pour fou après avoir entendu mon opéra. Il apparaît maintenant qu’ils sont encore plus fous que moi », s’étonnait Rossini lui-même, à propos de son énorme et délirante bouffonnerie composée en vingt-sept jours, l’année de ses 21 ans. Une dinguerie qui gagne cette production, dès l’ouverture, près de huit minutes de gags autour de la frustration d’Elvira, délaissée par son ventripotent Mus­tafa, qui cherchera à la fourguer à son valet Lindoro, tandis que débarque sur ses côtes la pulpeuse, l’enjôleuse, la ragazza des vocalises, Isabella, la Bartoli plus pétulante que jamais, comédienne accomplie. Elle forme avec Ildar Abdrazakov (Mustafa, basse d’une somptueuse amplitude) un couple d’une complicité dévastatrice, qui entraîne à sa suite l’irréprochable distribution de cette production. Un pur régal. L’action se déroule dans l’Alger d’aujourd’hui, Mustafa traficote et admire Zidane, Lindoro se la joue rasta pétard au bec, et, dans la fosse Jean-Christophe Spinosi semble ne pas avoir mis que du tabac dans le narguilé de la partition. Un moment de délire, de bonheur, de franche gaieté d’une rare homogénéité dans la qualité. « Manger, aimer, chanter et digérer, voilà les quatre actes de l’opéra-comique qui a pour nom la vie et se dissipe aussi vite que l’écume d’une bouteille de champagne. Quel ­parfait imbécile que celui qui le laisse s’enfuir sans l’avoir savouré. » Suivez ce conseil de ­Rossini. Vous ne serez pas déçu !