Lion

Canal+
23/02/19 ~ 14:35 - 16:30

En Inde, un enfant pauvre se perd très loin de chez lui. Accueilli dans un orphelinat, il est adopté par une famille… australienne. Cette reconstitution d'une histoire vraie vise l'émotion mais offre aussi un regard fort sur l'enfance déshéritée. Critique : Un enfant perdu loin de chez lui... Il n'y a pas d'histoire plus émouvante, ni plus difficile à raconter sans tomber dans le mélo. Lion se risque sur ce terrain avec un argument a priori imparable : la vérité. En 1986, le petit Saroo, gamin pauvre des environs de Khandwa, en Inde, monta dans un train sans passagers avec l'espoir d'y retrouver des objets oubliés. Les portes se refermèrent. Et ne se rouvrirent qu'à 1 500 kilomètres de là, à Calcutta. Incapable de dire d'où il venait, l'enfant de 5 ans fut placé dans un orphelinat, puis adopté par un couple d'Australiens, et grandit en Tasmanie. Vingt-cinq ans plus tard, il découvrit Google Earth et se mit en tête de retrouver, de clic en clic, le chemin du village de sa première famille. Racontée dans un livre par celui qui l'a vécue, Saroo Brierley, l'incroyable quête sur le service de cartographie en ligne est devenue l'argumentaire publicitaire des producteurs. Pas facile à traduire en images, tant elle se prolongea durant des années ; elle s'avère le temps faible du film. Plus que la partie australienne — où Nicole Kidman séduit en mère adoptive malgré une improbable perruque frisée —, c'est le regard sur l'Inde des déshérités qui retient l'attention. Les aiguillages qui arrachent Saroo aux siens le sauvent peut-être d'une enfance si dure qu'elle mettait en danger sa vie. Ce balancement entre malheur et bonheur poursuit l'enfant devenu un homme et, à chaque époque, le portrait de Saroo convainc, grâce à deux acteurs inspirés. C'est l'essentiel. — Frédéric Strauss
 
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