L'homme qui aimait les femmes

Arte
26/10/20 ~ 20:55 - 22:50

A travers cet éloge du donjuanisme, Truffaut prend à rebrousse-poil le MLF des années 1970 et livre une autobiographie à peine voilée, jamais à la première personne du singulier, mais à tu et à toi avec la douleur d'aimer. Un film moins léger et moins macho qu'on ne l'a dit. - Critique : Au générique de fin, des jambes de femmes déambulent devant une rangée de livres. Ce plan résume ce film, où Truffaut allie amour des mots et des femmes. Comme dans Baisers volés ou L’Argent de poche, le cinéaste filme en séquences courtes et énergiques. Et, parce que le film est avant tout un hommage à toutes les femmes, qu’elles soient blondes, brunes ou rousses, jeunes ou vieilles, sages ou aventureuses, il est à mille lieues du portrait complaisant d’un don Juan. Morane aime les femmes pour ce qu’elles sont, non pour lui-même. Davantage qu’un séducteur invétéré, c’est un grand enfant en quête de l’éternel féminin, et plus encore de l« ’éternel maternel ». Chez Truffaut, l’amour des femmes fait tou­jours resurgir la figure originelle, et cruellement absente, de la mère. Cette blessure donne une humanité à la fois tragique et joyeuse à ce tourbillon de conquêtes. Les maîtresses de Morane qui se rendent sur sa tombe n’ont rien de tristes veuves : ce sont des femmes à qui l’amour d’un homme et le regard d’un cinéaste ont donné la grâce.