L'homme fidèle

Canal+
12/04/20 ~ 01:10 - 02:25

Entre les deux amis Abel et Paul, Marianne hésite. Elle a finalement choisi Paul et a eu un fils de Paul qui se prénomme Joseph. Orphelin à huit ans, celui-ci n'apprécie guère Abel en tant que père de substitution car Marianne, devenue veuve, renoue avec Abel, qui ne la jamais oubliée. Les choses se compliquent un peu plus : Ève, la petite sœur de Paul, a toujours été fatalement attirée par Abel... - Critique : Abel et Marianne s’aiment et vivent ensemble depuis plus de trois ans. Un matin, elle lui annonce qu’elle est enceinte. Il s’en réjouit. Sauf que ce n’est pas lui le père, mais Paul, son meilleur ami, avec lequel elle va se marier… La séquence, vive, cocasse, déjoue totalement notre attente, tant à travers le ton exquis de Marianne, tout en candeur perverse, que dans la docilité d’Abel, hébété, qui quitte sans rien dire l’appartement, chutant dans les escaliers. La suite sera dans le même esprit burlesque, mâ­tiné d’un autre genre, a priori incompatible : le film à suspense, façon Hitchcock. Dix ans ont passé. L’ex-homme trompé cherche à reconquérir Marianne, devenue veuve. Il y a maintenant entre eux Joseph, le fils, 10 ans. Celui-ci lui glisse un secret lourd de conséquence : « Papa, c’est maman qui l’a tué. » Une invention d’enfant ? Le mini-Hercule Poirot dispose d’indices, à même d’inquiéter Abel. Savoureux mais aussi légèrement angoissant, tel est donc ce second long métrage de Louis Garrel, composé comme un chassé-croisé amoureux incluant une autre femme, Ève, folle amoureuse d’Abel depuis l’adolescence. Mais c’est l’enfant (Joseph Engel, formidable d’étrangeté), le personnage central. À travers lui, Louis Garrel explore la relation de (beau-)parent à enfant, les liens du sang et l’adoption, de manière à la fois ludique et profonde. Le fils de Philippe Garrel revisite aussi clairement l’histoire du cinéma, s’amusant à citer ou à détourner tous les pères de la Nouvelle Vague, de Truffaut à Chabrol.
 
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