L'histoire du géant timide

Arte
25/04/18 ~ 23:30 - 01:00

Prisonnier d'une vie figée et d'un corps trop lourd, Fúsi se risque à changer… C'est un titan à l’âme d’enfant, rejeté par les autres, et l’amour lui donnerait des ailes. L’Islandais Dagur Kári brille par son regard juste, d’une infinie tendresse. Critique : | Genre : tendre. Il fallait savoir comment le filmer, ce géant-là. Il s’appelle Fúsi et vit seul avec sa mère, qu’il aurait dû quitter depuis très longtemps. Il joue avec des soldats de plomb à reconstituer des batailles de la Seconde Guerre mondiale. Parfois, il s’amuse avec une voiture téléguidée. Le voisin du dessous le prend pour un pédophile. A l’aéroport de Reykjavík, où il est bagagiste, des collègues le charrient méchamment, parce qu’il est énorme, et peut-être encore vierge. Fúsi est pourtant, à l’écran, tout le contraire d’un cas. Regardé avec une tendresse magnifique, c’est un rêveur. Une masse de douceur et de solitude qui encaisse trop bien les coups. Chaque plan de ce film a la justesse nécessaire pour dire la lourdeur de la vie sans s’appesantir. Pour raconter, sans larmoiement, comment on retrouve la légèreté en volant de ses propres ailes. Et pour dire l’amour, qui va surgir sous les traits d’une femme si fragile qu’elle pourrait se briser. Elle était fleuriste, elle est devenue éboueuse et balance entre grâce et ­déchéance. Dagur Kári, l’auteur de Nói Albinói (2003), sait admirablement ­tenir sa caméra à la frontière de l’humour consolateur et du désespoir impossible à avouer…
 
Chargement...
Chargement...