L'exorcisme de Hannah Grace

Canal+
18/11/20 ~ 00:42 - 02:06

Megan Reed, une ex-policière, est engagée à la morgue de l'hôpital où elle a suivi sa cure de désintoxication. Un travail de legiste tout nouveau pour elle. Un jour, arrive le corps de Hannah Grace. Celle-ci a fait l'objet d'une exorcisme qui a causé son décès. Mais quand l'exorcisme n'est pas achevé, le Mal trouve un autre chemin. Un lieu commun selon la rationnelle Megan : quand on meurt, on meurt. Mais ses convictions vont vite explosées quand Hannah reprend vie. L'entourage de Megan ne croit pas la jeune femme et pense qu'elle a replongé dans la drogue... - Critique : Depuis quelques années, les exorcismes en tous genres sont revenus en odeur de sainteté au cinéma et dans les séries télé. Ces productions étant malheureusement souvent mauvaises, difficile pour le critique d’éviter les jeux de mots sur le thème afin d’égayer un énième avis négatif. Puisque je m’en suis permis un dès la première phrase de cet article, vous en conclurez que le film de Diederik Van Rooijen, malgré sa courte durée, est un véritable chemin de croix pour le spectateur (et hop, un deuxième !). Autant vous prévenir, il y a erreur sur la marchandise, à cause du titre français (écho malhabile à L’Exorcisme d’Emily Rose). En réalité, l’exorcisme en question ne dure que deux minutes au début du film. Il s’agit plutôt de possession (c’est dans le titre original). Après cette tentative avortée d’extraire le malin de son corps contorsionné, Hannah Grace atterrit trois mois plus tard à la morgue de Boston, morte et salement amochée. L’hôpital vient tout juste d’embaucher Megan Reed (Shay Mitchell dont l’absence de talent sied mieux à la série You de Netflix qu’ici) comme légiste nocturne. On se demande bien ce qui a poussé les RH de l’hosto à recruter cette jeune femme, ancienne flic traumatisée par la mort de son coéquipier, ancienne addict aux médocs et fraîchement séparée. Pas sûr que ce soit le profil idéal pour accueillir des cadavres toute seule, toute la nuit, dans un sous-sol glauque à moitié éclairé. Soit dit en passant, est-ce vraiment le lieu pour faire des économies d’électricité ? Le job n’est déjà pas très réjouissant mais alors en plus si il faut le faire dans le noir. A moins que ce ne soit un truc pour essayer de nous fiche la frousse… Bon sang, mais c’est bien sûr ! Las, rien ne fonctionne et tout a déjà été vu, en mieux, dans ce huis clos aussi chétif que le cadavre démantibulé d’Hannah. Le spectateur attend sagement de sursauter lors d’irruptions inopinées du démon (ou du flic débile qui pense que c’est drôle de faire peur à sa nouvelle collègue dans une morgue), soulignées par le même effet sonore éculé et lourdingue. Une mécanique sans âme qui devient vite risible. Pour Von Rooijen, les voies du chef d’oeuvre sont restées désespérément impénétrables (et hop!).