Les temps qui changent

Arte
12/12/18 ~ 20:55 - 22:35

Catherine et Gérard, sixième, Catherine et Téchiné, cinquième. Et pourtant on est ailleurs (à Tanger), et on croit à l'utopie romanesque portée par Depardieu : ranimer les cendres d'un amour de jeunesse. Critique : « Ton histoire d’amour avec moi n’existe pas. Tu te montes le bourrichon parce que c’est plus facile de rêver que de se coltiner une personne réelle. Seulement, moi, je suis là. » Ainsi Deneuve ruine-t-elle d’un coup sec le romantisme truffaldien de Depardieu, venu à Tanger chercher quelques braises dans les cendres du temps. Et si le film paraît jouer sur la reconstitution d’un grand couple de cinéma, il envoie promener la nostalgie, croisant et décroisant les lignes de vie de personnages soudain mis au pied du mur, comme les deux amants d’autrefois. Entre tchador et McDo, entre magie noire et grands travaux, villas de riches et ­cachettes de clandestins, rixes sanglantes et sacrifices religieux, Tanger est le lieu de toutes les embardées, sociales, sexuelles ou sentimentales. Dans sa précision, sa générosité, le film épouse le vacillement de chacun, mais ne laisse chuter personne. Ce principe de mouvement perpétuel, qui sépare les uns des autres, la réalité des illusions, et le présent du passé, Téchiné en fait résolument l’éloge.