Les survivantes de Boko Haram

Arte
20/11/18 ~ 20:50 - 21:50

Le 14 avril 2014, Boko Haram kidnappe 276 adolescentes dans un lycée chrétien de Chibok, au nord du Nigeria, avant de les séquestrer dans la forêt de Sambisa, sa base stratégique. Le monde entier se mobilise alors pour exiger leur libération. Près de quatre ans plus tard, et après des négociations secrètes entre le gouvernement et le groupe islamiste, 103 d'entre-elles sont relâchées et placées dans un refuge à Abuja, la capitale, sous haute surveillance et sans contact avec les médias. Pour la première fois, une équipe de télévision, très encadrée, a été autorisée à rencontrer ces survivantes, dont le soutien psychologique, l'éducation à l'université américaine et le logement sont financés par l'Etat. On leur interdit d'évoquer leurs conditions de vie afin de ne pas compromettre la libération de celles qui sont encore prisonnières. Critique : C’est à la veille d’un examen qui devait valider leur année scolaire que deux cent soixante-seize lycéennes nigérianes de l’internat de Chibok (nord-est du pays) ont été enlevées par Boko Haram, le 14 avril 2014. Libérées trois ans plus tard par le groupe terroriste islamiste, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu, cent trois d’entre elles ont été mises à l’abri dans un centre où l’équipe de ce documentaire a été exceptionnellement autorisée à les rencontrer. Mais pas question pour elles d’évoquer leurs conditions de détention dans la forêt de Sambisa, comme le leur rappelle fermement la ministre de la Condition féminine au début du film — qui en pâtit considérablement. Une fois sortie de ce lieu sécurisé, l’équipe obtient de quelques rescapées des paroles moins contraintes, que le montage (mal)traite en morcelant abusivement leurs témoignages, les nappant de musiques tire-larmes, s’attardant sur des retrouvailles captées avec une maladresse qui vire à l’indécence. Faute de traiter en profondeur la timide reconstruction de ces femmes que l’on presse d’aller de l’avant, cette production anglo-saxonne tourne à vide et en rond. Elle ne parvient pas même à interroger la prise en charge de ces survivantes par l’Université américaine du Nigeria, où l’éducation des filles répond résolument à la ­misogynie haineuse de Boko Haram.
 
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