Les roseaux sauvages

Arte
15/07/20 ~ 14:05 - 16:00

Un film vibrant, avec des comédiens quasi débutants (Elodie Bouchez, Gaël Morel, Stéphane Rideau), qui, depuis, ont fait du chemin. - Critique : Valses et flonflons dans le Sud-Ouest, sous le soleil de 1962 : Pierre se marie, dans l’intention de déserter la guerre d’Algérie. Son frère, Serge, termine laborieusement ses études au lycée. Dans sa classe, Henri milite pour l’OAS, tandis que François découvre son homosexualité, en dépit de l’amour que Maïté lui porte… C’est l’une des œuvres les plus parfaites d’André Téchiné. Pour la première fois, le cinéaste de l’ambiguïté destructrice et des complexes troubles signait un film sur l’acceptation et la lucidité. Chacun de ses personnages s’est lancé un ­défi : tout assumer. Frêle et tourmenté, François s’assène des vérités sur son attirance pour les hommes. Trop mature, Maïté ne cache ­jamais son dégoût de sa jeunesse. Serge n’entre pas dans le jeu ­hypocrite des adultes et refuse qu’on fasse passer Pierre-le-déserteur pour un héros. Cadrés au sein d’une foule dansante ou dans la nature frémissante, les visa­ges et les personnages éclatent à l’image. Ils crient leur volonté d’exister comme individus responsables. À travers la con­fession directe de ses remarquables jeunes acteurs, André Téchiné parle de sa jeunesse avec la rigueur et la précision d’un témoin désireux de restituer toute la vérité.