Les réfugiés de Saint-Jouin

Arte
23/10/18 ~ 21:45 - 22:45

Située entre Le Havre et Etretat, la commune de Saint-Jouin-Bruneval se propose, à l'initiative de son maire, pour accueillir une famille de réfugiés syriens. Pendant que des bénévoles se mobilisent pour aménager un appartement vacant, d'autres redoutent l'irruption des étrangers dans leur quotidien. Après une longue attente, liée aux démarches administratives, l'arrivée de la famille, ouverte, curieuse et cultivée, fait tomber les préjugés, enthousiastes ou hostiles. La crainte des différences glisse alors vers une confiance joyeuse en soi-même et en l'autre, offrant le visage hospitalier d'une République terre d'asile. Critique : Un documentaire juste, éclairant mais léger voire drôle sur la question des migrants : c’est un petit miracle qu’a accompli la réalisatrice Ariane Doublet. Familière de la Normandie (Les Terriens, Les Sucriers de Colleville), la voilà à Saint-Jouin-Bruneval, entre Le Havre et Etretat : le maire, François Auber, a proposé que sa commune réponde à l’appel du président Hollande, qui invite les élus locaux à accueillir des réfugiés. Une famille pourra s’installer dans le village. Aussitôt, la déco commence dans l’appartement disponible. Mais le représentant de la police rurale se fait l’écho des peurs qui s’expriment et traduisent les siennes : « Si ça commence comme ça, ça va pas finir ! » A Saint-Jouin, on dit non à l’invasion ! Sur ce terrain miné des peurs et des conflits dont l’extrême droite fait ses choux gras, Ariane Doublet s’aventure avec une honnêteté totale et une incroyable adresse : elle fait entendre les différentes voix qui s’expriment en respectant chacune d’elles, et en gardant une tendresse amusée qui redonne ses vraies proportions au débat. Quand la famille de réfugiés syriens arrive, la délicatesse de ce regard s’affirme vraiment, avec des scènes pudiques et émouvantes : pour ceux qui étaient menacés là-bas, et pour ceux qui se sentaient menacés ici, la vie peut continuer. Sans aucun discours, tout est dit.